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programme du GSRL pour la période 2010-2013

 

Dieu change à Paris. Les mutations religieuses dans l’agglomération parisienne

responsables : Martine Cohen & Sébastien Fath

 

Le programme GSRL Dieu change à Paris vise à ausculter les mutations religieuses de l’agglomération parisienne au cours des quarante dernières années. Il travaillera principalement dans trois directions.

1. On visera d’abord un état des lieux détaillé de la diversité religieuse actuellement observable dans l’agglomération parisienne (au sens de l’INSEE). Tous les terrains religieux du « Paris mosaïque » (Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot) et de son agglomération seront passés en revue : catholicisme, islam, protestantisme, judaïsme, orthodoxie, hindouisme et bouddhisme, cultes locaux d’Extrême-Orient, nébuleuse mystique-ésotérique, « sectes » et nouveaux mouvements religieux. Pour ausculter ces univers religieux, on s’efforcera d’affiner une grille d’étude utilisable (avec adaptation) d’un terrain à l’autre. Cette grille visera à recenser lieux de culte, nombre de fidèles et leur profil social, associations, commerces, écoles. On cherchera aussi à dresser des typologies internes (courants, sensibilités), et à cartographier les implantations religieuses.

2. On visera ensuite à pointer les principales mutations et modalités de restructuration qui marquent cet espace socio-religieux citadin. Parmi ces changements à étudier, la fluidité croissante des appartenances, la promotion des modèles du pèlerin et du converti, la ‘religion à la carte’ et autres ‘bricolages’, l’impact des réseaux qui articulent local et global. Cette analyse portera principalement sur les quarante dernières années (des années 1960 aux années 2000), sans négliger pour autant un arrière-plan historique plus large (en partant de 1905). Elle tiendra le plus grand compte des logiques sociales induites par « l’effet capitale » : Paris n’est pas qu’un décor. Il s’agira de focaliser l’analyse sur la manière dont le fait religieux participe à l’écriture de l’histoire urbaine contemporaine, au travers d’un jeu complexe d’interactions.

3. On accordera enfin une attention particulière à trois thématiques transversales : laïcité, genre et citoyenneté. Ciment du vivre-ensemble, la laïcité parisienne ne se résume pas à un slogan ou à une évidence. Elle génère des questions et enjeux à multiples facettes : comment les défenseurs du point de vue laïque intègrent-ils la diversification religieuse ? Comment les acteurs religieux se situent-ils face à la laïcité ? Si le cadre laïque est majoritairement accepté, vers quelles formes souhaite-t-on, ou non, le voir évoluer ? De quelles manières les acteurs de la ville (élus, associations…) traduisent-ils empiriquement l’impératif laïque ? Quels sont les effets de retour des mises en pratique concrète de la laïcité en contexte religieux et culturel pluraliste sur le discours théorique sur la laïcité ? Adossées à ces interrogations, les thématiques du genre et de la citoyenneté permettent de creuser la réflexion autour des multiples formes de lien social induites par les religions parisiennes, entre (par exemple) intégration sociétaire et logiques communautaires, dynamiques d’émancipation et contrôle social paternaliste. La perspective recherchée sera donc à la fois statique (état des lieux des religions dans l’agglomération parisienne) et dynamique (analyse des flux, des recompositions)

 

 


 

 

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