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programme du GSRL pour la période 2010-2013

 

Religions et sociétés en Asie

responsables : Marie-Dominique Even & Caroline Gyss

 

Dans le cadre du quadriennal 2010-2013, la thématique générale du programme se décline suivant l’intitulé « Recompositions religieuses, sécularisations, formes de modernité et affirmations identitaires en Asie ». Elle est centrée sur l’étude des rapports, aux époques moderne et contemporaine, entre le religieux, ses pratiques et ses représentations et les idéologies sociales et politiques, en accordant une attention au cadre historique qui les a influencés et orientés. Elle s’applique aux diverses sociétés d’Asie sur lesquelles travaillent les membres du programme, s’étendant du cercle polaire à l’Asie du Sud-Est qui constituent des bassins de comparatisme particulièrement riches. Ces sociétés ont en partage la présence du chamanisme, du bouddhisme, une même altérité par rapport au monde occidental et à sa matrice chrétienne, la présence de missionnaires chrétiens, l’expérience du communisme et de l’athéisme. Les transformations sociopolitiques radicales survenues au cours du XXe siècle dans cette aire asiatique ont induit des processus de sécularisation et de recomposition religieuses, marqués par des aspects transethniques ou transnationaux. Dans le contexte post-communiste et néo-communiste mondialisé, la liberté de religion s’accompagne d’une diversité religieuse nouvelle. Si les religions traditionnelles ou instituées retrouvent une reconnaissance sociale, c’est en perdant leur fonction englobante, devenant des éléments constitutifs de la société à côté d’autres éléments parmi lesquels des religions nouvelles ou étrangères. On analysera la revalorisation de normes et de symboles associés aux religions ancestrales, en tant qu’elles participent des identités (ethniques, nationales), et la montée d’une logique d’héritage qui est instrumentalisée à des fins politiques et idéologiques. Les gouvernements qui ont succédé aux régimes communistes totalitaires sont aujourd’hui confrontés à la nécessité de gérer cette pluralité religieuse et le font selon des modalités diverses : il conviendra de préciser et de les situer dans leur dimension historique, en considérant parallèlement la pertinence des paradigmes de laïcité et de sécularisation pour ces sociétés. Le programme mettra l’accent sur les nouvelles religiosités en contexte urbain, un habitat qui s’est considérablement développé dans ces sociétés restées jusque là largement rurales et que le communisme a brutalement fait muter. Ces données pourront être mises en relation avec celles recueillies en contexte rural. Une attention particulière sera portée, chez les peuples nomades, aux transformations des systèmes de représentation et à la modification de la relation entre humains et environnement naturel liées à leur sédentarisation passée et présente.

 

 


 

 

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