Le CNRS SHS Autres sites CNRS  English
 
 
 

 Accueil du site > Programmes > Imaginaires, religions, sécularisation XIXe-XXe siècles


programme du GSRL pour la période 2010-2013

 

Imaginaires, religions, sécularisation XIXe-XXe siècles

responsable : Denis Pelletier

 

Ce programme de recherche vise à interroger la pertinence d’une approche transdisciplinaire des imaginaires collectifs à partir de l’hypothèse d’une coexistence entre « imaginaires religieux » et « imaginaires séculiers » ou « sécularisés » dans les sociétés contemporaines. Il s’agit pour nous d’inscrire une analyse culturelle du fait social dans la tradition d’un laboratoire de recherches qui a fait de l’étude des phénomènes de sécularisation et de laïcisation un de ses points forts. Existe-t-il des modalités proprement religieuses (chrétiennes, juives, musulmanes...) et d’autres, laïques et sécularisées, de construction des imaginaires collectifs ? Est-il possible de comprendre la sécularisation et la laïcisation, leurs croisements et leur éventuelle disjonction, à partir d’une histoire des imaginaires ? En croisant religion et sécularisation sur le terrain des représentations, on aimerait interroger autrement la relation entre le politique et le religieux dans les sociétés contemporaines, de façon à éclairer les fondements culturels et anthropologiques qui supportent en profondeur le phénomène politique de la laïcisation. La recherche devra donc se situer au croisement de l’anthropo-histoire des cultures politiques en France et des Cultural Studies américaines. Le point de départ en est le constat de l’extrême sensibilité des sociétés de la modernité tardive à la question des représentations, sur deux registres au moins : 1) le registre des images proprement dites, qu’il s’agisse de s’interroger sur l’usage qui y est fait d’un patrimoine de formes et de représentations d’origine religieuse ou sur les affrontements autour de questions liées aux interdits religieux de la représentation ; 2) le registre des images de soi, en particulier lorsque les nouvelles politiques du corps, du genre et de l’intimité entrent en conflit avec des représentations collectives largement marquées, ici aussi, par les héritages religieux. Ce premier questionnement, qui fait des imaginaires religieux autant de répertoires de formes, de signes et de récits susceptibles d’être mobilisés et réagencés au sein de sociétés de moins en moins ordonnées à la croyance religieuse, en appelle un second, sur l’existence de modalités proprement sécularisées et laïcisées des imaginaires collectifs. On souhaite ainsi s’interroger sur la manière dont les politiques de la santé publique, les politiques du genre, les politiques culturelles, etc. sont capables de fonder d’autres récits, d’autres représentations, voire d’autres sacralités et d’autres interdits. On souhaite aussi travailler dans la même perspective sur la création littéraire et artistique contemporaine comme sur la culture de masse, pour autant que l’une et l’autre contribuent à la fabrique de représentations collectives affichant leur autonomie par rapport aux héritages religieux. Enfin, on s’intéressera aux usages du registre iconique et littéraire religieux, sous une forme laïcisée ou non, dans la construction des Etats et des identités nationales modernes en Europe occidentale et en Russie. On sera enfin attentif, d’une part, à inscrire ces questionnements dans la longue durée d’une histoire des représentations de soi et du monde ; d’autre part, à croiser autour d’eux les apports de l’anthropologie, de l’histoire de l’art, de l’histoire et de la sociologie, tous représentés au sein du GSRL.

 

 


 

 

CNRS